Bruno Ruiz / La vie s’en va

La vie s’en va comme l’eau à marée basse. Elle fuit dans le tamis des embruns, les ruines des blockhaus, la voix haute des mouettes. La vie s’en va comme le velours du crépuscule, le haillon des genêts dans les rafales de vent, la mémoire des cercueils dans le sable. La vie s’en va mais elle ne sait rien. Elle ne sait même pas où elle va. Elle nous délave de nos parfums, de la jeune fille oubliée dans l’onde, de l’espérance de nos châteaux de sable dérisoires. Elle s’en va, patiente des horloges, impassible d’avenir, se moquant des chapelles, du mouvement des astres, du pari sur nos enfants. La vie s’en va. La vie s’en va mais c’est la seule chose qui vaille la peine de suivre.

Bruno Ruiz, 2018
Photo : Bruno Ruiz

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