Bruno Ruiz / L’herbe rassurante

Je veux vous reconnaître là où vous semblez perdus au milieu de la foule. Je veux lever le rideau opaque derrière lequel vous pleurez en silence. Moi aussi sur mon caddie, je porte mon enfance que je pousse chaque jour dans l’ombre des parkings. Mon enfance, qui  s’envole avec ses dents pour des sourires migratoires. Dans la lenteur du soir, j’embrasse des portes. Je ne veux plus entendre le hurlement de mes chiens à l’agonie. Je veux entrer avec vous dans la peinture des lumières, à l’endroit fini de la route. Nous valons mieux que ceux qui nous piétinent. Il suffit d’accepter l’herbe rare et rassurante qui les fait trébucher.

Bruno Ruiz, 2018
Photo: Bruno Ruiz

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