Le prix d’une insomnie

Je me cogne dans le noir où ai-je mis les clefs ? J’ai la bouche ouverte, un souffle de mots. Le bruit ne me fait pas peur mais plutôt la rumeur blanche du silence dans la tête. La mémoire d’anciens soleils me délavent. Je m’enveloppe à mon ventre. Sur le mur en face se dessinent des grimaces. La ville insaisissable entre en moi. Je suis un rêve crispé dans le couloir. Je tâtonne entre les livres. Je lis dans les yeux de la nuit. Je me précède. Ce que je vais écrire est si dérisoire, si en deça de ce que je ressens que je retourne au domaine de mes draps. Ce poème ne valait pas le prix d’une insomnie.

Bruno Ruiz, 2018
Photo : Bruno Ruiz

Poster un commentaire

Classé dans Dans le désordre

Les commentaires sont fermés.