Bruno Ruiz / Par le volet

Il faut laisser l’épouvante là où elle souffle, il faut se faire à l’écroulement du soleil sur nos épaules, apprendre à conduire au milieu du désert, savoir ralentir le pas sous l’averse. Il faut ouvrir ses volets sur la nuit, perdre ses clefs pour les retrouver, écouter les arbres qui se taisent, la ville qui respire, les cœurs des hommes qui s’enfoncent dans la terre. Il faut savoir tomber de haut, essuyer ses larmes, répondre aux appels silencieux. Qu’ai-je fait depuis si longtemps ? Où ai-je fuis ? Ai-je trop regardé ce qui s’arrête ? Je ne cesserai jamais d’être ce que je suis, une part de la faiblesse et de la force d’un vivant.

Bruno Ruiz, 2018
Photo : Bruno Ruiz

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