Bruno Ruiz / Savoir attendre

Des yeux me cherchent au fond du parc. Brille la lame d’un sabre. Il neige sur mes pieds nus. Je suis ineffaçable et sans territoire. Je ne sais pas où le monde commence. Quelques fantômes dansent sur les remparts. Je ne vous parlerai plus de moi ce soir. La nuit est trop dense. Elle s’enveloppe dans un drap au fond des cœurs. Mais l’arbre n’est pas mort. Il cherche dans la terre la force de renaître. Il n’a jamais cessé de respirer. Il se souvient d’une légende sous les chênes. Une constellation de primevères entre les houx. Laissez-le lentement vieillir. Laissez-le écrire encore ici l’enseveli des sèves et des pivoines amoureuses. Et si vous croisez quelques sentinelles soupçonneuses, dites-leur que tout va bien à celui qui sait attendre.

Bruno Ruiz, 2018
Photo : Bruno Ruiz

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