Bruno Ruiz / Roi de cœur

Je tremble souvent au milieu de la tragédie, mais je ne veux pas oublier le vrai nom de l’éternité. Le seul qui touche mon silence dans la nuit, c’est un oiseau posé sur mes lèvres fermées. J’ai déjà perdu trop de temps dans les gares et les ports, les reliefs de chacun de mes voyages. A l’heure grave des abeilles, je recueille le miel dans chacune de vos ruches, je m’enduis d’une saveur si rare et si précieuse. Voici venir la mer clémente. La vie n’est jamais monotone à celui qui sait attendre. Il est un appel ébloui de lumières, une force irrésistible au milieu des possibles. Je ne serai jamais qu’une énigme sans réponse, un destin jeté comme un roi de cœur dans l’onde d’un fleuve qui n’a jamais su jouer.

Bruno Ruiz, 2018

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