Bruno Ruiz / Garder la ligne

Je viens désormais de tout près, d’un instant clair, d’une aube réconciliée, d’un silence qui chante. Je déguste l’azur dans le bol du matin, la ferveur fraternelle du soleil. Je n’ai besoin de rien, seulement de m’asseoir au milieu du monde, entre la vibration des anges et le sourire étrange des cloportes. Le temps lentement m’a réveillé de moi-même. Des outils sont épars dans ma tête. Je contemple le jour avec la curiosité de l’entomologiste. Je choisis le présent comme toile de fond, lave mes masques jusqu’à la transparence. Ne perdez plus votre temps avec moi. Parlez-moi seulement de la joie dans les yeux des passants, de la splendeur du ciel sur les têtes absentes. Je rejoindrai avec vous l’horizon debout pour le seul plaisir de garder la ligne. Être léger de la plus merveilleuse des langues.

Bruno Ruiz, 2018
Photo : Bruno Ruiz

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