Bruno Ruiz / Merci

Nous continuerons de chanter même les lèvres gercées dans les prairies glacées des campagnes. Nous aurons préservé l’éclat de nos géants, comme des allumettes protégés amoureusement de quelques bises nouvelles. Nous ferons circuler quelques trombes de chaleurs dans les corridors des métros, les lances de l’ennui et la colère des injustices. Nous serons restés dans les indicibles regards de ceux que l’on aime au milieu de la bourbeuse évidence de l’hiver. Et moi qui vous acclame à mon tour, je garderai longtemps de vous le souvenir d’un filtre qui nous lie par delà les ondes, saoulé de la langue de tous vos silences. Merci de chanter en moi. Je suis incapable de me taire.

Bruno Ruiz, 2018
Photo : Christian Fayard.

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