Bruno Ruiz / La vieille éternité

J’ai toujours acclamé le large, la profondeur des bleus et les sources profondes. J’ai toujours su qu’il fallait que s’ouvrent un jour les yeux sur la richesse des ombres, la caresse des arbres et le vertige des anges. Bien sûr, nous pouvons vivre au milieu des couloirs sans la moindre fenêtre. Nous pouvons nous passer du parfum des roseraies et de l’humus de la terre. Mais il y a toujours une dimension qui nous rejoint sur nos vieux jours, des fragments d’étoiles oubliés qui nous tombent sur la tête. On se rend compte alors que l’on marchait sur des émeraudes, des trésors infinis, frères du temps qui nous accompagnaient. On s ‘aperçoit que notre pas répondait depuis toujours à la même trajectoire et qu’il n’y avait qu’un seul chemin derrière nous. Un jour je cèderai ma place. Simplement par politesse à l’égard de la vieille éternité.

Bruno Ruiz, 2018
Photo : Bruno Ruiz

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