Bruno Ruiz / Tutoyer la peste

Poème. Saleté de poème. Le valium a un goût de vanille. Semence de la sémiotique. Arrête de recompter encore ta patientèle sur Facebook. T’es pâteux. Sans monnaie. T’es moins neutre qu’un ion. Plus con qu’un Labrador. Moins rapide qu’un camion. Arthaud était un drôle de type. Si peu s’en souvienne aujourd’hui. Il ne louvoyait pas. Il avait des méthodes brutales. Voyait double. Moi je ne suis qu’un étron sanguinaire, un être qui s’agite. Je tutoie la peste. N’en parlons-plus. Je suis tellement maussade ce soir. Il pleut du nacarat dans l’aube. Je suis un rêve de mythologue. J’ai pris la nacelle pour survoler Neptune. Y a pas assez de voyageurs, de jungles à piétiner. Trop de chantres mous. Je suis un vieil enfant putatif de l’horloge. Trop lent pour être honnête, trop gris pour l’arc-en-ciel. Il faut que je remonte au milieu des rognures et des bouteilles vides. Où est passé mon sécateur ? ça roupille dans les succursales. Ça glande dans les intestins. Ah ! je sens une vibration du côté des fossoyeurs. C’est bon signe. Demain est un jour férié. J’irai mettre des gélatines aux yeux des aveugles. Histoire de voir.

Bruno Ruiz, 2018
Photo : Bruno Ruiz

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