Bruno Ruiz / Les parfums de l’hiver

Je cherche un bateau dans mon enfance, une sorte de barque glissant dans l’eau claire des brumes matinales. Ce qui m’appelle en moi est si doux que je ne pourrai jamais me taire tout à fait. Rien n’est plus redoutable qu’un rêve qui vieillit mal, qu’un poème qui se réécrit à l’infini. Il y eut du vin rouge sur les tombes. Des fêtes tristes sous les tamaris. Une pluie d’étoiles m’emportait sur un chariot plein de jouets qui n’ont plus aujourd’hui aucun sens. Il m’aura fallu combien d’années pour trouver la fente du ciel, celle qui ouvre sur un monde radieux ? Ma main contient cette clef lorsqu’elle caresse ta joue, lorsque je te sais vivante au milieu des parfums de l’hiver.

Bruno Ruiz, 2018
Photo : Bruno Ruiz

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