Bruno Ruiz / Debout dans le noir

Restons debout dans le noir. Caressons les zones érogènes du présent, les fondations fragiles du monde. Soyons de gouache et d’huile, le grave histrion des foules, le gardien des nuances. Je vous attends au milieu de l’orchestre. Ne faites pas de bruit, la symphonie vient juste de commencer. L’oracle avait donc raison. Il est mort cette nuit. Il nous a laissé son merveilleux silence. Mes phrases sèchent maintenant leurs larmes sur le fil à linge. Lentement, polichinelle se redresse. Sa bosse s’envole au milieu des marionnettes tristes des écrans. Il va falloir se préparer sérieusement aux grands raccommodages de printemps. Egorger les shampouineurs avec le sourire des shérifs. Aïe ! Je me suis encore coupé la lippe avec le tranchant d’un poème trop obscur.Dommage. Je cicatrise très mal depuis quelque temps…

Bruno Ruiz, 2018

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