Bruno Ruiz / Français moyen

Français moyen, je suis absent depuis que je laisse des messages au silence. Français, j’ai des absences. Absent de l’axe, de l’ordre. J’ai du nouveau, je suis à l’ouest. J’ai honte. Je me faufile le long des rues, je suis la porte, la perte, le pitre. Je suis le premier qui s’endort sur les journaux du jour. Caméra des rues. Je suis un train qui traverse une barrière levée. Où va le monde ? On hospitalise. Wladimir, Wladimir, oh Wladimir ne poutine pas mes bandes plates, dégaze-moi ! J’étouffe du consensus, me découd dans le morose, me pingouine dans le morse. Qu’on me réanime dans les zones mortes ! Qu’Achab m’accapare ! Qu’on laisse Moby Dick à l’eau et Dick Rivers à la dérive ! Qu’on quadruple mes hulottes, mes brigades d’analphabètes, mes sourires d’urgence ! Qu’on me fore, ne me force, ne m’indiffère, qu’on m’affaire, mon anaphore bouée, mon âme faible, mon arme fiable ! Ils jouent au bilboquet je vous dis ! au bilboquet entre vos jambes, concours de bêtes et de bites, de bombes et de bandes, de missels et de missiles, démocraties crasses, on arrête, on refuse, on inculpe, on comate, on colmate, on réforme on fatigue. Deutsche Bank, nos stars ont des pertes fiscales sur des tapis rouges. Je m’habille en victime, caresse mes investisseurs. Je désindexe et je m’afflige. Je suis un français moyen devant le distributeur de bilans. Je trie les verres. Français de souche, votre arbre penche.

Bruno Ruiz, 2018

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