Bruno Ruiz / Ça pue le sapin

Marre du cirque amarre. Descente des couleurs à quatre heures. Mon thé à cinq. Janvier se traîne. Etrennes dans les poubelles. J’écris sur la pointe des pieds. Comme le ciel est bas. Voici l’averse sur le larmier. Je gomme. Quelqu’un s’est endormi au volant dans le Val d’Oise. Les essenceries sont si chères au bout de la rue. C’est un jour sans essor, un jour de nuit grise. Je joue au docteur avec mes doigts sur le ventre. C’est un jour d’haleine. Un extrait concentré de mélancolie. J’ai trop fait crédit au temps. Burka d’hiver. Que passe au loin la malle-poste. Rien ne tombera ce jour si près des bacchanales. Rien ne s’éloignera des embarcadères. Des animaux traversent l’allée. Un vieillard pisse sous le pont ferroviaire. Je vais dormir avant l’heure. Ça pue trop le sapin.

Bruno Ruiz, 2018
Photo : Bruno Ruiz

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