Bruno Ruiz / Eté

Je flambe dans les ors de midi, les yeux brûlés de lumière, je cuis au milieu des blés. Ça boue dans les eaux stagnantes, ça vibre dans les acacias. Le ciel invente une immobilité bleue arrêtée sur ma tête. Lentement l’été entre sous ma peau comme un vin rosé sous les canisses. Je vais rejoindre les temples de verdure, les ravins de fraîcheurs, les cortèges de fourmis. Je suis le temps cabré des collines, la rumeur d’un accordéon qui danse sous la halle. Je me laisse aller à la domination des canicules comme un lézard sur le bûcher. Je suis une feuille de tabac qui se consume.C’est cela qui se passe dans ma tête en ce moment. Au cœur de l’hiver. C’est ce pouvoir-là que nous avons tous. Celui d’être là où l’on a déjà été.

Bruno Ruiz, 2017
Photo : Bruno Ruiz

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