Bruno Ruiz / Ce en quoi je crois

Ce en quoi je crois n’a rien à voir avec l’histoire d’un enfant magique né dans une étable, c’est cette plume fragile qui s’envole à la moindre brise, cette peau de ta main qui me caresse quand plus rien n’a de sens, cet arc-en-ciel dans le ciel gris, ce sourire gratuit au feu rouge sous la pluie, cet arbre qui attend patiemment la fin de l’hiver pour s’éveiller un peu plus grand. Ce en quoi je crois n’a pas besoin d’une église, d’un temple ou d’une mosquée pour faire plier mes genoux, c’est cet instant qui s’écrit à chaque seconde sur le livre de mes doutes, cette aventure des hommes qui cherchent un pays où chacun se retrouve sans haine, où l’argent le pouvoir et la célébrité n’ont pas plus d’importance que le temps qui redessine mon corps avec les rides de mon enfance. Non, ce en quoi je crois n’a jamais décapité personne, ni violé de femmes, ni torturé des hommes, ça n’a jamais mutilé aucun enfant, ni posé de bombes dans un lieu public. Ce en quoi je crois, c’est simplement ce matin de décembre qui se dessine sur ma ville lorsque j’accepte d’être vivant parmi les autres.

Bruno Ruiz, 2017
Photo : Bruno Ruiz

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