Bruno Ruiz / Prométhée

J’habite la constellation des hommes, dans l’immense fournaise des sentiments et la sueur des âmes errantes. Je me consume avec la soif d’en découdre avec les mystères du feu, et depuis que je suis né, j’attends en vain un déluge d’eau pure qui me libèrera des brûlures de l’enfance. Des incendies m’ont meurtri les épaules mais j’appelle encore le soleil de tous mes vœux pour qu’il efface de moi des restes d’ombres restées sur mon vieux cœur qui s’éloigne lentement de mon cratère originel. Depuis toujours je sais que je rejoindrai la mer, guéri enfin de mes déserts et de l’aigle. Et les vents du larges m’emporteront vers des banquises où s’éteindront les braises de cette vie qui me rendaient si vulnérable sur mon rocher.

Bruno Ruiz, 2017
Photo : Bruno Ruiz

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