Bruno Ruiz / Neverland

Je me suis assis sur la racine d’un arbre, la poitrine inondée de parfums anciens. Le tonnerre grondait dans ma mémoire. Il y avait quelque part un manège dans le vent. Je ne me suis jamais trompé d’automne. Dans le fracas de ma bouche s’aiguisaient des couteaux qui espéraient quelques corps jaillis de l’ombre. Aujourd’hui mes doigts sont usés à force de vouloir vous écrire que la vie brûle en chacun de nous au milieu de Neverland. Ô robe de sang de nos mères mortes d’avoir tant pleuré, écoutez le bruit sourd de la porte qui se ferme sur elles. J’ai en moi des valises pleines d’oiseaux qui chaque jour savent graver la nouvelle trajectoire.

Bruno Ruiz, 2017
Photo : Bruno Ruiz

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