Bruno Ruiz / Abstraction

Pour entrer dans la couleur, il faut s’asseoir à la table et attendre que l’eau vienne à vous. Alors vous pouvez épouser la transparence des lumières avec les mots de l’ombre. Vous n’avez plus rien à dire, seulement vous imprégner de l’instant dans le buvard de l’arc-en-ciel. Tout cela bien sûr doit se faire dans les cuivres de l’orchestre, entre les seins merveilleux du jour et les longues jambes de la nuit qui vous happent comme l’or du soleil et le bronze de la lune. Il est d’indécents a-plats du verbe et le pinceau est un frêle esquif sur le bord de la page. Vous êtes ravagé de nuances, de reins en mouvement, l’œil ardent au milieu de corps improbables. Qu’importe l’heure qu’il est. Vous n’alliez nulle part, vous n’étiez l’allié de personne. Vous traversiez simplement la surface tremblante de l’onde.

Bruno Ruiz, 2017
Peinture : Bruno Ruiz

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