Bruno Ruiz / Tu vis

Tu ne sais rien, tu ne sais pas qui tu es, rien de ton accomplissement, tu avances, tu erres, tu reviens sur tes pas, tes meurtres nocturnes, tu n’as plus le temps, seul avec ton cran d’arrêt tu dérives, la crispation de tes mâchoires, tu touches le vide, la lame sur la gorge, dieu n’existe pas, personne ne te regarde, ni tes mains ni ta mémoire, combien de gifles te faut-il encore, tu ne trouveras jamais le jour qui te contient, tu n’es pas au monde, dieu n’existe pas, tu écris dans le noir, incapable de silence, tu ne sais rien, tu ne sais pas, tu es libre et tu ne le sais pas, tu es déjà mort et tu ne le sais pas, tout est là sous tes ongles, tes doigts, dieu n’existe pas, tu es dans ta formidable machine humaine, coincé dans ce corps qui piétine pour laisser quelques traces dérisoires, tu vis

Bruno Ruiz, 2017
Photo : Bruno Ruiz

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