Bruno Ruiz / Écrire

Ecrire n’a pas d’heure. C’est une manie lancinante qui s’insinue dans les rêves diurnes de vos insomnies. Ce sont des présences qui vous accompagnent comme des amis un peu collants. Des désirs de faire prendre de la hauteur à l’ennui d’un monde trop bas. Ecrire n’est d’aucune grandeur. C’est une façon de montrer l’invisible des choses et le visible du vide. C’est compresser le temps dans l’espoir qu’il disparaisse de nous. C’est être à côté du monde pour faire croire qu’on y est au centre. Ecrire, c’est montrer à l’aveugle que la nuit est plus lumineuse que le jour, que les mots ont des couleurs transparentes qui se mélangent à l’encre noire et que l’existence n’est que de la mort en sursis. Ecrire c’est ce qui sert de mémoire à la mort des vivants.

Bruno Ruiz, 2017
Photo : Bruno Ruiz

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