Bruno Ruiz / Le veilleur

Que puis-je contre le ciel noir et sa nuit blanche, sinon attendre les lampes du jour qui déshabillent le hibou immobile ? Je vous sais dans la saignée du rêve, à retrancher la fatigue de cette nuit informe. Moi je veille à cris bas, entouré de rosée dans mes griffes qui s’impatientent de votre absence et envie votre fragile quiétude. Déjà des insectes s’éloignent de moi. Ah comme je donnerais ma tête pour entrer dans un autre corps ! Demain j’assisterai à de nouveaux rythmes dans le traffic inévitable. Je me serai réconcilié avec la poussière de mes morts, le cerveau envolé au-dessus du labyrinthe. Des fruits tomberont de moi pour nourrir ce qui me pousse debout parmi vous et je ne saurai toujours pas si je dois longer la rivière vers la source ou la descendre vers la mer.

Bruno Ruiz, 2017
Photo : Bruno Ruiz

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