Accepte

Accepte le bruit du monde, le temps qui burine ton visage, la marche plus lente de tes pas, ton corps dans l’oasis des caresses, l’horizon dressé contre le mur. Accepte les torrents taris, les poisons de l’horloge, l’arbre rêvant des étoiles, le vin lancinant de tes veilles. C’est toujours ici-même que sonne l’inéluctable, l’ultime beauté dans l’étendard du soir. Tu avances sous la pluie, entre les fleurs au milieu de tes ruines. Tu auras descendu le fleuve Amour sur une pirogue glissant dans les eaux troubles de ta vie, charriant les draves de ton enfance, l’amertume collée à tes rames comme des algues inoubliables, mais en toi brûlera jusqu’au dernier jour cette flamme du désir d’être là, se consumant de tous les possibles d’être encore vivant.

Bruno Ruiz, 2017
Photo : Bruno Ruiz

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