L’appel de Frantz

J’entre dans un manoir abandonné. J’enlève les draps blancs qui recouvre les fauteuils et les vieux meubles. Les grands miroirs ne reflètent aucune présence. Un oiseau empaillé me regarde. La poussière tombe des lustres à jamais éteints. Dans la vaste bibliothèque, je prends au hasard un livre. C’est Le Grand Meaulne. Que dire de plus entre les grands lits à baldaquin qui sentent le moisi et le camphre, ces hautes cheminées qui ne réchauffent plus aucune mémoire ? Là-bas dans le parc, mais peut-être est-ce une illusion auditive, j’entends un appel. C’est la voix de Frantz. Dans l’aube blanche, je fermerai les volets et sur le port, je monterai sur un vieux steamer accosté à ma tête. Je pourrai enfin quitter ma vieille enfance, l’aventure de vivre au bout de mon baluchon plein d’écritures.

Bruno Ruiz, 2017
Photo : Bruno Ruiz

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