Bruno Ruiz / La trace blanche

Je m’étais endormi. La fenêtre était restée ouverte. Des paupières tombaient de la nuit sur quelques buissons ardents. Entre les pierres blanches, de vieux rêves hurlaient à l’infini. J’attendais la rencontre. Elle se fit naturellement après que j’eus traduit tous les gestes mystérieux de ce qui était devant moi. Au petit jour, j’étais sur le vieux fauteuil de la terrasse face à la mer. Ce que j’avais vu avait disparu. Il ne restait qu’une trace blanche au bout de la jetée. Elle m’avait guéri de la douleur d’être ici-bas. Mes mains s’envolèrent comme deux oiseaux dans l’aube et la légende raconte qu’elles ne cherchèrent plus jamais à interroger le ciel.

Bruno Ruiz, 2017
Photo : Bruno Ruiz

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