Bruno Ruiz / L’accidenté du ciel

Je suis l’accidenté du ciel, le frère des chiens errants. Je n’abandonne jamais le cycliste évanoui. Je déterre les cygnes dans les jardins publics, j’embrasse des lèvres au milieu des labyrinthes, me débats dans la chevelure du temps. Je suis une île sans rivage, un bateau qui tangue au soleil. Je joue avec mes veines au-dessous des naines brunes, vide les corbeilles dans la nuit bleue. Depuis que je suis né, je tombe inlassablement sur vous comme une plume trop lourde. Je voyage dans mon sang. Ce matin, je mettrai mes plus beaux habits d’homme nu rien que pour saluer tous vos retours que j’espère. Car vous êtes ma joie terrestre aux levers de l’automne. M’entendez-vous rêvez sous les lampadaires qui s’éteignent un à un sur les allées encore désertes ?

Bruno Ruiz, 2017
Photo: Bruno Ruiz

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