Bruno Ruiz / Le sablier

Il y a une voile blanche qui s’éloigne, un trou dans le sable, la peau sous le soleil. Il y a des larmes lourdes qui attendent dans les yeux, des lèvres qui s’ouvrent comme des fenêtres sur la mer. Il y a des parfums qui montent des corps, une tasse de thé que l’on a oubliée de prendre, un chant d’oiseau qui ne veut pas s’arrêter. Il y a de la boue collée sur des chaussures fatiguées. Tout brûle dans la fête transparente des abîmes. Je me sens mortel dans la splendeur de l’aube. Si vous saviez comme le temps me manque. Je ne sais pas à quel endroit de l’histoire je me trouve. Je suis déjà ce qui tombe du sablier.

Bruno Ruiz, 2017

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