Bruno Ruiz / La Villa algérienne

Je descendais vers les nacres du ciel et de l’eau, m’inventais des jeux dans la tête. J’étais fidèle à ma solitude, au sable et au silence. Et si le vent m’étourdissait de toutes ses Amériques, c’était pour chanter un autre monde, loin des orgues putrides, des chasubles suantes, des vins de messes aigres et des fumées écœurantes des encensoirs. Dieu n’avait aucun de ces mystères de Bible, de l’espérance des mendiants ou de la bonté ostentatoire des bourgeois sur le parvis de l’église. Il se matérialisait alors par ce soleil descendant derrière la Villa algérienne, une métamorphose des lumières pour fêter simplement la mort du jour. J’épousais ses splendeurs en secret dans l’épiphanie du soir. Non, jamais le ciel ne fut aussi beau et moi aussi vulnérable que lors de ces contemplations cicatricielles du crépuscule.

Bruno Ruiz, 2017

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