Bruno Ruiz / Le Club des Cinq

Claude boudait sur la plage comme un garçon manqué, Mick admirait François qui savait ce qu’il fallait faire et Annie pleurnichait sans trop savoir pourquoi. Seul Dagobert serait là le moment venu dans les dernières pages. Il mangerait une glace en faisant « Ouah ! » après la capture des dangereux contrebandiers et la découverte du fabuleux trésor de l’île. En ce temps-là, mes vacances fleuraient bon l’ennui et l’encre de la Bibliothèque Rose et il me tardait en septembre de retourner à l’école. En culottes courtes, les jambes glacées sur la chaise en fer dans le jardin du notaire, je lisais mais toutes ces histoires n’avaient pas grande importance. Il y avait surtout l’odeur enivrante des marronniers et la beauté précieuse d’un marron impeccable que je pressais avec tendresse dans la solitude de ma poche.

Bruno Ruiz, 2017

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