Bruno Ruiz / Les vieilles lettres d’amour

Les vieilles lettres d’amour s’en vont à la décharge des souvenirs oubliés. Leur encre violette ne tremble plus, leurs larmes ont séché. Elles se froissent pourtant dans notre nuit vieillissante. Elles ont la trace de quelques lèvres sur le visage de nos jeunesses. Les vieilles lettres d’amour ne sentent plus rien dans leur carton à chaussures. Demain les abandonnera à leurs serments naïfs. Il y aura partout du temps qui s’efface dans l’air. Pourtant une étrange respiration demeure dans l’arbousier qui penche. Des miracles inaccomplis dans quelques phrases maladroites. Les vieilles lettres d’amour ne gomment jamais tout à fait leur blessure ni le temps qui nous éloigne d’elles. C’est pour cela qu’il ne faut jamais les relire.

Bruno Ruiz, 2017

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