Bruno Ruiz / Recadrage

Un autre monde est là, près de nous, parallèle, silencieux. Il nous frôle, nous regarde, nous fragmente. Il nous interroge, nous relie, nous caresse. Somme d’indices, d’objets, de couleurs, de formes et d’ombres, il habite des lieux qui nous acceptent. Il suffit de déplacer notre regard pour le pénétrer, accéder à d’autres sens, d’autres dimensions. Je passe mon temps à recadrer ce que je vois, éclairer autrement un pan de mur, la silhouette d’une chaise, le nœud d’une planche, la matière d’une pierre, un morceau de réel. Ce que nous percevons se multiplie à l’infini, comme si nous étions des sommes improbables dans les mouvements de nos vies. Et notre pensée en fait de même avec les mots qui redistribuent le sens du poème. Il suffit d’un ouvre-boîte pour ouvrir toute chose. Un tire-bouchon pour que s’évacue tous les alcools de toutes les vignes.

Bruno Ruiz, 2017
Photo : Bruno Ruiz

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