Bruno Ruiz / Ma ville

J’habite une ville qui n’est sur aucune carte. Elle nourrit la cicatrice de ses rues à l’encre noire des constellations. Dans le magnétisme des vitrines, des passants la traversent en solitaires. Et tandis que le vent s’invite sous les porches des hôtels déserts, une odeur de gaz oil et de sang s’engouffrent et se perd dans ses artères grises. On y côtoie des marchands à la sauvette qui savent vendre des arcs-en-ciel à des touristes aveugles et des enfants sans école qui passent avec des pigeons blessés dans leur cartable. Ceux qui l’habitent depuis longtemps connaissent de vieilles légendes qui les clouent au sol pour de célestes voyages. Il y a dans l’air comme une odeur forte d’amants qui se cachent, mais personne  ne veut la quitter parce que c’est elle au fond qui nous habite.

Bruno Ruiz, 2017
Photo : Bruno Ruiz

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