Bruno Ruiz / L’infinitif présent

Prendre le temps de sécher ses voilures. Conjuguer les verbes comme on tricote des écharpes. Ouvrir une fenêtre devant le puits. Dessiner des cartes dans le ciel. Respirer la résine du soir. Lécher les lèvres du matin blond. Augmenter le jour dans les frondaisons de midi. Rester transparent comme l’eau du torrent. Danser entre les arbres de la forêt éternelle. Monter chaque marche à pas de lumière. Comprendre les monstres avant de les juger et brûler en nous la patience d’être ici, dans les violons du vent, le murmure des anges et les longs cheveux de la mort apprivoisée.

Bruno Ruiz, 2017
Photo : Bruno Ruiz

 

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