Bruno Ruiz / Les infinis provisoires

Je vous le dis aujourd’hui, tout est possible. Et même si cela n’est pas toujours vrai, il faut essayer, il faut y croire. Nous aurons traversé des océans, descendu dans les entrailles chaudes de la terre. Nous savons nommer le monde, le nom des arbres, des fleurs, des continents. Nous aurons exploré une part de l’univers, plongé dans le rêve des hommes, l’inconscience de l’Histoire, l’aventure des corps. Nous savons désormais embrasser, danser, lire. Nous aurons inventé des milliers de langues, sauvé des forêts, évité des cataclysmes. Contre toute attente, nous savons écrire la paix et nous la dessinons dans l’aube depuis la nuit des temps. Car le temps ne s’arrêtera jamais. Nous sommes au centre d’une espérance incroyable, fils des dieux que nous avons inventés, père de ceux qui nous prolongerons. Faits pour franchir les horizons que l’on repousse chaque jour. Mais nous ne sommes rien. Rien que des infinis provisoires.

Bruno Ruiz, 2017
la main de l’immense peintre Roman Opalka.

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