Bruno Ruiz / La nuit mon amante

La nuit, je vis parfois dans la chaleur moite du verbe, dans une fantaisie tropicale où d’étranges cacatoès me dictent les équations de la nouvelle canopée. J’y bâtis des passerelles qui mènent sur des terrasses à ciel ouvert. C’est là que chaque soir je chante sans appel, seulement pour être présent à celle que j’apprivoise et qui vient s’asseoir joyeusement à ma table. Car la nuit est une amie indispensable à mon équilibre. Elle ne disparaît vraiment que lorsque je m’endors. Pendant le jour, je ne l’oublie jamais. Je l’attends comme un amant éperdu d’un rendez-vous sous la lune. Peut-être me trouverez-vous un jour, assis sur la branche d’un arbre. J’aurai sans doute les ailes un peu mouillées mais sachez que j’appartiens à ceux qui savent attendre. Ne brusquez pas le temps qui nous sépare. C’est le meilleur allié de nos retrouvailles.

Bruno Ruiz, 2017

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