Bruno Ruiz / La dictée de la nuit

La nuit brûle quelque part, comme un apaisement d’alcool dans les rues de mon enfance. Rien n’est jamais vraiment tranquille à l’heure où les absents dorment de leur belle mort. Mais j’ai la mémoire fidèle. Sur mes épaules tombent des trous de mer, des lapinières sans porte, des chenaux recouverts par la marée haute. Je vis ici et là-bas au dessous de la Grande Ourse. Peu importe la distance des choses, ces rêves laissés à l’aube sur un comptoir par une noyée trop élégante. Parmi quelques oiseaux livides, mon pays fait danser des fantômes pour que je demeure enfin ce cahier d’écolier où s’écrivent les mots bienveillants de lumières nouvelles.

Bruno Ruiz, 2017

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