Bruno Ruiz / La trajectoire de l’aigle

J’ai déposé des jonquilles dans une barque et je l’ai laissée dériver sur le grand fleuve jusqu’à la mer. Des crapauds sur la rive chantaient quelque chose de très mélancolique entre les roseaux. La nuit était un peu folle et la lune suspendue au vieux rêve de l’ombre. Aujourd’hui je ne sais rien de l’existence humaine ni de la durée des crépuscules, mais je sais que si un jour je réussis à m’envoler du cloaque, j’irai me poser au sommet le plus élevé d’un phare. J’attendrai que passe l’aigle. J’embrasserai alors son souffle et sa trajectoire redessinera enfin un nouvel équilibre pour mettre fin une bonne fois pour toute à la terreur des hommes.

Bruno Ruiz, 2017

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