Bruno Ruiz / Rêve de drone

Cette nuit j’ai surplombé ma vie comme un drone serein et silencieux. Dans des vallées riantes et finies, je voyais des animaux étranges qui dansaient et travaillaient sans se soucier du ciel que je traversais, comme si la hauteur et l’inaccessible des choses n’avaient pour eux aucune importance. Le sol, la terre, n’étaient-ils pas leur domaine, la seule fin de leur raison d’être ? Ils vivaient entre eux dans un monde vert et bleu, au milieu de parfums merveilleux et d’odeurs interdites, de forêts singulières et de hameaux paisibles. Ils se sentaient mortels comme les sentiments qui les animaient. Leurs villes étaient souvent des plus accueillantes mais mon rêve de drone n’y avait aucun accès. Lorsque ma chute fut inévitable, je les rejoignis au petit jour et mon rêve retrouva la joie de leurs actes, celle de ceux qui bâtissent chaque jour avec opiniâtreté la société animale à laquelle je n’ai jamais cessé d’appartenir.

Bruno Ruiz, 2017
« Inception » : le drone d’Aydin Büyüktas …

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