Bruno Ruiz / Jouir du soleil

 

Si tu peines à finir, envisage ce qui commence. Multiplie les vitesses pour trouver le tempo favorable. Il n’y a pas de provenance, il n’y a que des escales. Ne chante que si les mots sont mystère et puis réécoute ce qu’ils disent. Lis leur minerai jusqu’au pays profond, là où les larmes n’ont plus d’importance, ne veulent plus rien dire, n’ont plus besoin d’être consolées. Demeure serein face à la dure mécanique des hommes. Tout est décisif. Il nous faut stimuler le songe d’images proches et anciennes. Risquer pour faire école. Habiter des territoires sans commerce et sourire à la clarté pour toute signature. Chanter la théorie des doutes pour avancer dans la forêt des préférences. Pleurer ou rire pour dépasser la douleur inapaisable. Il n’est pas d’autres soins possibles à notre maladie. Nous ne guérissons tout à fait que lorsque la plaie de l’autre se referme. Il nous faut jouir du soleil et de sa lumière sans prix. Voilà le seul métier qu’il nous faut embrasser.

Bruno Ruiz, 2017
Vincent Van Gogh, Le Soleil (1887)

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