Bruno Ruiz / Parce que

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Parce que je respire, marche, regarde, parce que je parle, écoute, rêve, parce que j’embrasse, caresse, découvre, parce je cherche, dessine, chante, parce j’ouvre, propose, devine, parce que j’écris, danse, allume, parce que je prends le temps, le perds, l’annule, parce je creuse, descends, retrouve, parce que je retarde la mort comme une horloge, retiens le jour comme une roue, parce que je muselle l’angoisse, déride l’enfance, dévisage l’idée, je suis le muscle reposé de la force d’aimer, le mot qui appelle l’homme par la bouche du verbe, tout ce qui s’élève et qui tombe inlassablement, à chaque halte de hanche, à chaque pas gagné sur le désastre inéluctable, je suis celui qui ne sais rien du ciel ni de l’innombrable, ni du sang contenu dans l’univers ni du savoir fleuri des prairies du doute, je suis la terre labourée du travailleur, ton frère.

Bruno Ruiz, 2017
Encre Bruno Ruiz

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