Bruno Ruiz / Une seule fois

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Il y a des choses dans la vie qu’on ne dit qu’une seule fois. Cela peut être sur un quai de gare ou ailleurs, on ne veut pas dire adieu ni ces mots un peu ridicules qui déraillent sous des horloges démesurées. Soudain on a envie d’embrasser tout ce qui nous retenait, toute cette foule de voyageurs qui dans un immense élan choral veut réécrire la grande séparation inéluctable des vivants. Pourtant on le sait depuis toujours : on est fait pour partir, pour prendre le dernier train qui traverse la nuit compacte vers un pays où les rails sont inutiles et n’en finissent pas de nous raconter ce que l’on savait depuis toujours. Qu’il faut apprendre à fleurir avec joie tout ce qui s’en va.

Bruno Ruiz, 2017
Peinture : Paul Delvaux, Nuit de Noël, 1956

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Classé dans Dans le désordre

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