Bruno Ruiz / Ralentir

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Il y a des jours où l’on s’endort dans sa vie au milieu de gens pressés, de sirènes persistantes, du trafic qui n’en finit jamais. On s’allonge sur des rails abandonnés, loin des gares désormais inutiles, des colombes plein la poitrine, et l’on redessine le ciel avec des visages de vieillards à la barbe improbable dans les nuages, des avions comme des ratures blanches dans l’azur, des phosphènes dérivant dans la transparence des cornées. L’air devient tiède et humide comme un vent venu du large, d’un sud qui n’a jamais existé, et des vases de fleurs étranges se brisent lentement au fond de nos yeux, comme si l’on entrait dans la dimension d’un autre astre, d’un pays sans vitesse et sans vertige, d’un pays qui nous accueillerait pour nous calmer d’être encore présents à notre corps.

Bruno Ruiz, 2017.

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Classé dans Dans le désordre

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