Bruno Ruiz / Sur le chemin

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Ne retiens que l’eau du désert, la longue attente de ceux qui marchent, le rêve des pierres plutôt que les marques du sang. Ne ferme pas ta vie comme on ferme une porte, mais ouvre tes songes à tous, pour trouver l’autre trajectoire de ton étoile, le miel de ta petite éternité. Il se peut que tout brûle en toi, que tout se consume bien plus tôt que tu ne l’imagines. Alors, que tes voyages t’éloignent des ténèbres et que grandissent plus haut encore tes arbres intérieurs. Reçois aussi dans tes entrailles les adieux des disparus, doucement, comme la preuve confessée de leur passage. Feuille à feuille, écris la fragilité du monde et que le vent couvre tes mots pour que la précieuse mémoire descende dans la vasque de ceux qui vont rester. Peut-être au fond que tu n’étais pas si seul, si perdu, si pesant dans le chaos du long chemin ?

Bruno Ruiz, 2017

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