Bruno Ruiz / Contre l’ennui

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Il faut décontracter sa vie comme un muscle, arrêter de secouer les grilles de la cage, s’inscrire avec douceur dans l’indifférence des foules. Il faut habiter la tendresse des percussions, celle des cœurs qui battent à l’unisson des autres, renverser le trône des imbéciles avec le sourire des ânes. Il faut souffler sur les braises ardentes du désir et frémir devant les beautés secrètes. Il faut les traquer comme un chasseur de papillons dans une prairie. Se sentir plume au réveil malgré l’étreinte de l’âge. Il faut être le miroir plutôt que son reflet, un rire de cristal plutôt qu’une larme dans la vase. Il faut être changeant et fidèle, le chant qui fraternise avec le cri. Et si tout se referme sur vous comme une camisole, il faut écouter les voix de vos sirènes, celles qui retiennent vos abandons et détiennent les clefs. Sachez que vous êtes conçu dès la naissance pour résister à l’huile épaisse de cet ennui qui vous assiège quelquefois.

Bruno Ruiz, 2016

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