Bruno Ruiz / ici et ailleurs

nuit-avezane

Je dors quelquefois la fenêtre ouverte, j’entends des musiques étranges dans l’heure bleue. Il y a des livres oubliés sur la terrasse, des hérissons qui traversent le soir, et mon silence intérieur qui dessine un air si doux et si fragile qu’il ne peut soulever la nuit qui dort. J’ai le souffle paisible de celui qui n’a aucune heure. Un vin transparent coule dans mes veines. Dans le couloir désert, mes yeux jouent les somnambules. Tout ce que j’ai en moi est un trésor que n’accable aucun bruit de missile, de sirènes obsédantes, ou d’horreurs incertaines. Je suis proche de mon rêve, tout contre lui, comme une main posée sur l’oreiller, tranquille. Oui, j’ai la chance injuste et inouïe d’être à la fois ici et ailleurs.

Bruno Ruiz, 2012

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Classé dans Dans le désordre

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