Bruno Ruiz / Les villes insatiables

insatiables

Je suis de tous les matins et de l’aube. Je scelle le jour à vos levers, détache des cerfs–volants pour éloigner l’ennui. Je suis le poumon du fleuve qui dort encore, je donne à boire à vos déserts, caresse les touches de vos dents, embrasse la bouche ouverte de vos rires. Je saute en marche, danse à l’arrêt, choisi l’oiseau de mes départs. Et tout ce qui tremble en moi, ce flot fragile dans mes veines, je l’offre au battement des tempes et des tempos, à l’équilibre de l’air et l’immobile incertitude, aux regards des passants qui disparaissent, le souffle retenu sur les trottoirs mouillés par les brouillards, dans l’océan des foules qui se pressent aux rues obscures et mélancoliques des villes insatiables.

Bruno Ruiz, 2016

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