Bruno Ruiz / Le grand cirque

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Il y a au fond des gens que j’aime un noyau indestructible qui n’a rien à voir avec leurs opinions ni avec ce qu’ils disent. C’est comme une profonde fragilité au monde, un désir commun d’atteindre les étoiles par des voies différentes, des routes impartageables, une sorte d’essence obscure qui les relient pourtant entre eux. Ils peuvent s’écharper, une même solitude fraternelle coule dans leur veine. Par la magie de leurs présences, ils tatouent l’univers de signes illisibles qui nous rassemblent dans l’incontrôlable bigarrure des partis-pris. Et sur l’interminable filin où nous marchons vers la fin des temps, ils sont des bornes étranges et parfois contradictoires, des éclairs incertains qui me désarment, funambules suspendus que je sens près de moi, avançant dans l’équilibre joyeux et partagé du grand cirque.

Bruno Ruiz, 2016

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Classé dans Dans le désordre

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