Bruno Ruiz / La beauté en marche

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Je ne sais pas ce que j’ai oublié. C’est une brise sur un ponton, la respiration d’un jardinier, une odeur d’éther sur les doigts blancs d’une infirmière. J’emporte avec moi la mesure d’une innocence. J’écris sur les bords d’une mer qui n’existe plus, dans une langue d’amour qui s’éteint peu à peu, comme la dernière bougie d’un gâteau d’anniversaire.
Aujourd’hui, je promène un berceau à l’ombre des chênes, mais j’ai encore du sable dans la bouche, des désirs d’enfants intacts. S’il vous plait, souhaitez-moi de comprendre encore la mécanique de nouvelles constellations, de chanter encore et longtemps pour les fantômes et les vaincus de l’Histoire. Souhaitez-moi de me réconcilier avec tout ce qui dérive, le poids léger des sanglots qui tombent dans les fosses pour rejoindre le rêve insensé de la beauté en marche.

Bruno Ruiz, 2016

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