Bruno Ruiz / Le gris

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Il ne faut pas avoir peur de l’heure où l’on doit partir. Il faut faire confiance à son bagage. Se dire que là où l’on va n’est pas pire que l’endroit d’où l’on vient. Ce n’est pas toujours vrai mais c’est une méthode. L’acier doit resplendir pour celui qui aime le bois. Le citadin doit s’habituer au silence et à la lenteur de la terre. La lune est au-dessus de nous, quoi qu’il arrive. Les chagrins ne sont que des rires anciens, la tristesse une pièce à deux faces. Il le faut. L’aveugle a les parfums, le sourd le paysage. La peau de mes morts est dans cet air que je respire à chaque instant. J’ai des couleurs dans mes poches pour chaque gris qui désespère. Oui, je sais. Je suis au chaud quand vous êtes peut-être assis dans un couloir, lacérés par un vent glacial. Mais qui que nous soyons et où que l’on aille, le gris est en nous comme une pelote qu’il faut essayer de dénouer patiemment comme ces jours d’hiver qui s’éternisent.
Avec de la couleur.

Bruno Ruiz, 2016

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