Bruno Ruiz / La possibilité d’un océan

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De l’eau m’entoure tous les matins. Des éponges de pêcheurs, des miracles de savon, des chants venus du plafond.
Parfois, des livres tombent dans le couloir. Je les entends sourire chaque fois que je les ouvre. Ils cherchent une eau-de-vie barbare à partager en silence.
Aujourd’hui, c’est vrai, mon pays dérive un peu dans des courants contraires. Il cherche sans doute une île avec des palmeraies pour chacun, sans scorpions agressifs ni sacrifices de coqs. Ma joie coupable est-elle enceinte ou bien dois-je dormir à plat-ventre ?
Non, les déferlantes mortifères ne m’atteignent pas sur les rochers. J’y veille au milieu de mes phares.
J’y veille pour que nous ayons toujours le droit de vivre au milieu de l’indéfinissable.

Bruno Ruiz, 2016

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